Ce(pendant), de Patrick Bérubé au Musée d’art de Joliette : ce qui demeure sous nos pas
Avant même qu’on y ait vu une œuvre, l’exposition Ce(pendant) transforme la manière dont on entre au musée. On doit retirer ses chaussures. Le geste est banal ; le protocole, lui, n’a rien d’anecdotique. Il modifie immédiatement notre perception de l’espace et nous incite à ralentir. Nos pieds rencontrent un tapis rose qui recouvre l’intégralité du sol de la salle. On poursuit la déambulation, éprouvant la douceur d’une surface qui évoque autant une moquette domestique clinquante des années 1980 qu’une herbe synthétique couleur de friandise. Ce paysage textile artificiel donne le ton. Chez l’artiste Patrick Bérubé, les matières conditionnent notre manière de vivre l’exposition. Marche-t-on dans un environnement ou dans sa simulation ? Avec la complicité de la commissaire Marianne Cloutier, Bérubé entretient cette hésitation.
