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LUMINO 2026 : 35 œuvres d’art public éclairent le Quartier des spectacles à Montréal

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art

Texte
Dave Richard

Photos
Ulysse Lemerise [OSA images]
JF Savaria

Jusqu’au 8 mars 2026, dès la tombée de la nuit, Montréal change de rythme. LUMINO investit le Quartier des spectacles et le centre-ville avec 35 œuvres lumineuses qui transforment les parcours quotidiens en expériences sensibles, entre marche, interaction et observation attentive.

Lorsque l’hiver s’installe durablement, la lumière devient un point d’appui plus qu’un simple artifice visuel. Pour sa 16ᵉ édition, LUMINO déploie des installations réparties dans plus de quinze lieux, invitant les passants à ralentir, à s’arrêter, parfois à s’engager physiquement. Sculptures lumineuses, dispositifs interactifs et vidéoprojections composent un parcours évolutif qui accompagne la saison plutôt que de chercher à la neutraliser. Reconnu comme l’un des événements majeurs d’art public et de design d’éclairage à Montréal, LUMINO transforme chaque hiver l’espace urbain en itinéraire lumineux accessible.

Sagesse de foule, par Ottomata.
Rêve retrouvé, par Iana Brezeky.
Codex, par Teo Leroo.

Un rituel lumineux d’hiver

Fort de 1,5 million de visiteur·euse·s lors de la dernière édition, LUMINO s’inscrit aujourd’hui dans l’imaginaire hivernal montréalais comme un rendez-vous collectif récurrent. La programmation se déploie par phases successives — de la période des Fêtes à la semaine de relâche — étirant l’expérience dans le temps et permettant aux œuvres d’être redécouvertes, selon les conditions climatiques, l’heure ou l’état d’esprit. Parmi les 35 propositions présentées cette année, 19 sont inédites à Montréal, et une majorité est signée par des artistes québécois, confirmant le rôle de l’événement comme plateforme de la création locale en art public et en design d’éclairage.

Anemonia, par TILT.
Shadow, par TILT.
Anemonia, par TILT.

La ville comme terrain d’expériences

À l’échelle du centre-ville, les œuvres s’insèrent dans des contextes contrastés : artères commerciales, places culturelles, zones de passage. Sur la rue Sainte-Catherine Ouest, Anemonia et Shadow du studio français TILT évoquent des formes organiques inspirées du monde végétal et marin. Devant la Place des Arts, Sagesse de foule d’Ottomata transforme la chaleur collective en activation lumineuse, tandis que Unicode Haïku Extension de Fred Sapey-Triomphe traduit des poèmes en séquences visuelles génératives. Ailleurs, au Palais des congrès de Montréal, Celestia de KLEIS transpose une constellation dans l’architecture, et au Centre Eaton de Montréal, Entre maintenant et l’infini de Jeremy Shantz introduit une suspension du temps dans un lieu dédié à la circulation rapide.

Les vidéoprojections, devenues signatures de LUMINO, prolongent cette relation directe entre corps, espace et image. Inspirées des couleurs hivernales, elles transforment les façades en surfaces narratives en mouvement. À l’Esplanade Tranquille, Le coffre à jouets dégivré plonge les patineurs dans un univers ludique, tandis que Vulnérable de Michel Lemieux explore la pluralité des corps par l’interaction gestuelle.

Les voyageurs, par Cedric Le Borgne au Montréal Marriott Château Champlain.
Les voyageurs, par Cedric Le Borgne au DoubleTree by Hilton Montréal.
Les voyageurs, par Cedric Le Borgne au Hôtel HoneyRose Montréal.
Les voyageurs, par Cedric Le Borgne au Hyatt Place Montréal Centre-Ville.
Les voyageurs, par Cedric Le Borgne au Fairmont Le Reine Elizabeth.

Déplacer le regard

Certaines œuvres déplacent également le regard vers des espaces moins attendus. Les Voyageurs de Cédric Le Borgne investissent cinq hôtels du centre-ville, suspendant des figures lumineuses qui instaurent un dialogue discret entre hospitalité privée et espace public. Dans le Quartier latin, installations monumentales et projets étudiants se côtoient, rappelant que l’événement agit aussi comme lieu de transmission et de visibilité pour la relève.

Celestia, par Kleis.

Au fil des parcours, LUMINO agit comme un révélateur. Il rappelle que l’art public n’est pas un simple décor saisonnier, mais une manière de reconfigurer nos usages et notre attention dans la ville hivernale montréalaise. Lorsque la lumière s’éteint à 23 h, demeure cette interrogation silencieuse : que ferions-nous de l’hiver si nous acceptions réellement de l’habiter ?

LUMINO 16ᵉ ÉDITION - promo | Crédit vidéo : Partenariat du Quartier des spectacles