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RÉSIDENCE PONTIAC | ALEXANDRE BERNIER ARCHITECTE

En relation avec le ciel

LIGNE 02 | ARCHITECTURE | ÉTÉ 2020

Texte | Mathieu Jacques Bourgault

Photos | Maxime Brouillet

Localisation | Montréal, Qc Type de projet | Rénovation et agrandissement

Bâti d'origine | 1885

Réalisation | 2018 Conception | 8 mois Travaux | 8 mois Superficie | 1350 pi2 / 125 m2

Budget approximatif | $$


C’est à Montréal, à quelques pas de l’effervescence des rues St-Denis et Mont-Royal, sur une petite rue étroite, que s’érige la charmante Résidence Pontiac. Sous une vigne luxuriante couvrant l’entièreté de sa façade, elle s’insère dans le paysage résidentiel dense du Plateau, à la fois mystérieuse et discrète, mais surprenante, comme une oasis de fraîcheur végétale surgie de l’asphalte. Couronnée d’une crête métallique tendue vers le ciel, elle semble embrasser le soleil.


Les propriétaires désiraient augmenter l’espace habitable de cette maisonnette construite aux environs de 1885. Vu la densité et le caractère exigu des pièces de vie et de la cour arrière orientée plein nord, l’architecte Alexandre Bernier a dû user d’imagination pour offrir à ses clients un maximum de luminosité et un espace de vie extérieur qui ne nuirait pas à leur intimité.

Premier défi : comment créer une barrière psychologique entre la rue et la maison lorsque l’entrée principale se situe au même niveau et à moins d’un mètre du trottoir? Malgré le remplacement nécessaire de la brique, la décision a rapidement été prise de conserver la vigne. Envahissante mais esthétique, elle offre une impression de recul par rapport à la rue. De plus, sa conservation s’inscrit dans la logique écoresponsable plus large du projet, car elle tempère naturellement le climat intérieur de la résidence, filtre les rayons solaires et, mieux encore, confère un effet enveloppant pour les occupants.



Il fallait ensuite, pour répondre aux désirs des clients, décloisonner l’espace intérieur. Relativement restreints (le premier et deuxième étage n’offrent que 550 pi2 chacun), les murs du rez-de-chaussée ont tous été abattus pour créer une aire ouverte, donnant une nouvelle impression de grandeur à la petite maison. De prime abord, les pièces du rez-de-chaussée étaient très sombres. Le plan carré de la demeure était composé d’espaces compacts et pour la plupart inadéquats à la vie contemporaine. Pour amener la lumière jusqu’à cet espace de vie, l’aménagement d’une mezzanine sur le toit ainsi que d’un puits de lumière permettent de faire voyager celle-ci jusqu’au rez-de-chaussée. Pour s’assurer de ne pas perdre de surface habitable, le puits a été aligné à la cage d’escalier qui relie le rez-de-chaussée, l’étage (où l’on retrouve trois chambres) et la mezzanine. Cette percée verticale permet d’offrir des pièces lumineuses sur tous les étages.



L’ajout en toiture de la mezzanine est sans aucun doute l’élément clé de la réussite et de la cohésion de ce projet. Tout d’abord, l’idée formelle était de délimiter la fin du bâtiment comme les mansardes pouvaient le faire à l’époque, évoquant l’idée d’un couronnement marquant la fin d’un volume, en relation avec le ciel. Après tout, c’est le dernier étage d’un bâtiment qui crée le paysage urbain. La pièce qui s’y trouve devient un lieu de contemplation donnant sur la terrasse extérieure orientée plein sud. On s’y retrouve comme un enfant dans sa cachette dans l’arbre – un refuge urbain idéal pour la réflexion et le rêve. La verdure en terrasse renforce l’idée d’émergence de la végétation en façade, ainsi que l’impression de nature en ville.



Bien que le désir était fort de concevoir un espace contemporain, léger, désencombré et aux tonalités apaisantes, le propriétaire et l’architecte souhaitaient honorer le passé ouvrier du bâtiment.

Cette manière de penser a permis de conférer à la résidence authenticité et chaleur. L’idée de conserver et de mettre en valeur les gros madriers de bois, typiques des années de sa construction, était simple et efficace. D’autre part, le bois d’origine se marie parfaitement aux nouvelles surfaces aux teintes pâles. On sent un lien entre la maison rurale et la demeure contemporaine nouvellement réaménagée.



« Par le contraste, le nouveau peut entrer en relation avec l’existant sans le dénaturer. » - Alexandre Bernier, architecte

L’aménagement de la toiture, lui, permet de profiter d’un maximum d’espace au sein de la maison, et c’est cette idée d’ouvrir vers le haut qui a guidé toute la conception du projet. Cet ajout à l’espace bâti demandait une matière métallique noble, ancestrale, naturelle et très durable. C’est ainsi que le zinc s’est imposé, également comme écho aux autres toits métalliques du quartier. Il fait en sorte de différencier le nouveau et l’ancien, sans toutefois perdre l’idée d’unité formelle et de continuité.



Entrepreneur | JPCconstruction.com

Ingénierie | Atelier MZ inc. Ébénisterie | Meuble architectural M. Lambert inc. Planchers [Érable] | UnikParquet.com

Robinetterie | Aquabrass.com

Céramique | LaTuilerie.com

Comptoir [Pierre frittée] | Neolith.com Luminaires fixes | HamsterCo.com

Luminaires mobiles | LambertEtFils.com Puits de lumière | Alumilex.com


+ Revêtement extérieur en zinc anthracite

+ Brique rouge coloniale + Vignes + Terrasse en cèdre rouge

+ Escalier en érable, merisier et métal peint

ALEXANDRE BERNIER ARCHITECTE

4755, rue Pontiac

Montréal (Québec) H2J 2T4

T. 514 980-5557


contact@ab-architecte.ca

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