• Magazine Ligne

Industriel chic

MCGILL 120 | LA FIRME

LIGNE 02 | DESIGN | ÉTÉ 2020

Texte | Dave Richard

Photos | Ulysse Lemerise

Localisation | Montréal, Qc

Type de projet | Conversion

Bâti d'origine | 1895

Réalisation | 2018

Budget | Confidentiel

Superficie | 1600 pi2 / 150 m2


L’équipe de La Firme, avec à sa tête le designer Louis Béliveau, a converti un étage d’un ancien bâtiment historique du Vieux-Montréal en espaces habitables délicieusement chics et confortables, tout en célébrant le passé industriel du lieu.



Le bâtiment, aujourd’hui un immeuble à condos, était à l’origine une ancienne fabrique de bonbons et datait de 1895. Le client était propriétaire de deux unités de mêmes dimensions couvrant un étage entier et souhaitait redistribuer l’espace afin d’en habiter environ les trois quarts, puis louer l’autre quart. Il souhaitait par le fait même pouvoir ajouter à son logement une chambre d’amis et en refaire complètement l’intérieur. « Une rénovation était né-cessaire. », explique le propriétaire. « Disons que l’endroit manquait d’amour. »

Les deux appartements étant situés dans un très vieil immeuble chargé d’histoire, les designers souhaitaient conserver l’ambiance de l’ancien entrepôt tout en y ajoutant beaucoup de refinement. Pour ce faire, il fallait s’en tenir à une palette simple de matériaux, mais les choisir avec soin, et surtout paufiner l’ensemble dans les moindres détails. Le code du bâtiment imposant l’ajout d’un certain nombre d’éléments difficiles à mettre en place dans une structure vieille de 125 ans, l’entreprise s’est avérée plus complexe que prévu. Par exemple, l’un des défis a été de renforcer et mettre au niveau les planchers avant de couler le béton pour la nouvelle dalle radiante qui allait remplacer ceux en bois de l’ancienne usine, lourdement abîmés et brûlés par endroits. Le client insistant pour récupérer les planches, il s’est retroussé les manches et les a patiemment retiré une à une.



« Il souhaitait ajouter une texture au plafond de la chambre et utiliser le reste des planches pour construire un immense îlot-table de 20 pieds de long pour la cuisine », explique Louis Béliveau. « Dans la chambre, les planches ont été peintes en blanc, une fois au plafond ; leur bois avait une texture brute intéressante, mais les teintes étaient dépareillées. En ce qui concerne l’îlot, notre ébéniste a accompli un travail exceptionnel en taillant les planches, les assemblant et les couvrant d’epoxy pour en faire un genre d’immense planche à découper. »

La cuisine constitue d’ailleurs le coeur de l’appartement, complètement ouverte sur les espaces de réception - pièce à vivre, salle à manger... Le propriétaire a insisté pour qu’il s’agisse d’une vraie cuisine commerciale. Il voulait des appareils robustes, des portes qu’on claque avec le pied quand on a les mains pleines, de l’espace pour cuisiner tous les jours, plusieurs fois par jour.


« En tant que designer », explique Béliveau, « on nous demande souvent de construire des cuisines exceptionnelles qui lookent, parce qu’on a les moyens... François (le propriétaire) cuisine pour vrai. Il a travaillé en restauration, il reçoit, il cuisine pour ses invités, il cuisine pour lui-même tous les jours, il fait des conserves... Chez lui, la cuisine méritait qu’on y mette les efforts et qu’on fasse les bons choix. » L’îlot géant est surmonté d’une rangée de cylindres noirs halogènes très graphiques, indémodables, faits sur mesure.

« Nous installions des lampadaires cylin- driques dans les boutiques en 1990 et on en installe encore aujourd’hui... Ça traverse le temps et ça a un côté vintage, en même temps. Aussi, j’insiste pour m’en tenir aux halogènes. C’est ce que j’utilise dans 95% de mes projets, contre vents et marées. À mon avis, c’est ce qui se rapproche le plus de l’éclairage parfait. Je considère que la technologie LED n’est pas encore au point... La gradation est tellement plus intéressante avec l’halogène. »


Face à la cuisine, se trouve le deuxième point structurant de l’aménagement: l’imposant volume noir de HDF, enveloppant l’entrée et constituant, avec un second volume de chêne blanc, tout le rangement de l’appartement.


« Au fond, nous avons divisé l’espace - un grand rectangle, grâce à deux volumes de rangement qui servent aussi de divisions. Tous les rangements y sont intégrés. Elles servent de garde-manger, cachent la litière du chat, la machine à laver et la sécheuse, en plus de permettre de ranger des tonnes d’équipements sportifs et même des vélos. »

D’une certaine façon, la chambre d’invités est aussi cachée dans le volume noir, puisqu’elle est constituée d’un lit escamotable et d’un immense pan de mur pivotant permettant de créer une pièce fermée, véritable tour de force de l’ébéniste. Lorsqu’il ne sert pas de chambre, cet espace demeure simplement vide, grand hall menant à l’une des salles de bain.



Les espaces communs de l’appartement principal sont tous regroupés à l’avant, alors que les espaces privés ont été rassemblés à l’arrière, au sein d’une seule et même pièce ouverte. Le lit a été créé sur mesure par les designers de La Firme, comme presque tous les objets qui constituent leurs projets.

La salle de bain privée constitue assurément l’un des éléments les plus frappants de l’appartement. Immense, elle donne directement sur la chambre. Comprenant deux douches pluie, un plancher radiant et des panneaux de verre plafond-planchers livrés par grue, sa mosaïque blanche carrée lui donne un air de bain public, alors que son mobilier intégré de chêne réchauffe l’atmosphère. Tout comme dans le reste de l’appartement, le système de gicleurs et la tuyauterie du plafond ont été gardés apparents. Peints blancs, ils sont mis en valeur, mais se fondent à l’espace.



« Nous avons aussi exposé la brique d’origine au maximum, parce qu’elle porte toute l’histoire du lieu », continue Louis Béliveau. « Nous l’avons ensuite peinte en blanc pour qu’elle réfléchisse la lumière naturelle du jour à l’intérieur et illumine l’espace. Si on l’avait laissée rouge, elle aurait trop alourdi l’espace. Nous avons privilégié la texture plutôt que la couleur. Nous avons par contre choisi de peindre le mur avant noir pour faire disparaître les cadrages et révéler la vue.


Le résultat est à la fois réussi, porteur de sens et d’histoire, et contrairement à ce qu’on sous-entend souvent des lofts industriels, incroyablement convivial et chaleureux.

« C’est l’un de nos projets résidentiels que je préfère. Quand j’y reviens en tant qu’invité et que je vois François cuisiner, préparer à boire, quand je vois comment il utilise l’espace et le rend vivant, je sens bien à quel point les efforts en valaient la peine. C’est très gratifiant. »

Entrepreneur | Pastel Studio Ébénisterie | Atelier Niconova Luminaires sur mesure | LaFirme.ca + Lampolite.ca

Luminaires | Hubbell.com + SchoolHouse.com Rails halogènes | JunoAcuityBrands.com Lit sur mesure [Chêne blanc] | LaFirme.ca + Atelier Niconova

Bancs et chaises | Hay.com Table à café de marbre recyclé | LaFirme.ca Canapés | Togo, Ligne-Roset.com


LA FIRME

7080, rue Alexandra, bureau 200

Montréal (Qc)

H2S 3J5

T. 514 663-3163


info@lafirme.ca

LaFirme.ca


Sur Instagram @la_firme_design

Sur Facebook @lafirmedesign

Téléchargez gratuitement le numéro 02

Download Issue 02 for free


Posts récents

Voir tout