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PORTFOLIO | DANIELE TOMELLERI

Dernière mise à jour : mai 3

Raconter du regard

LIGNE 03 | CULTURE | HIVER 2020

Texte | Daniele Tomelleri [Collaboration spéciale] + Dave Richard [Portrait]

Photos | Daniele Tomelleri

Le photographe Daniele Tomelleri travaille au Québec, en plus de collaborer avec d’autres photographes en Europe, particulièrement en Italie, son pays d’origine. Sa carrière se déploie principalement dans les domaines du marketing et de la publicité, mais il développe également des projets plus personnels touchant à une foule d’autres sujets, dont l’architecture.

Invité à collaborer à ce numéro de Ligne, il nous propose cette série d’images poétiques et touchantes glanées plus tôt cette année durant le confinement au Québec. Artiste avant tout, c’est avec lucidité, sensibilité et finesse qu’il illustre les premiers moments troublants et inédits que nous avons partagés au printemps 2020. À échelle humaine, caméra à la main, il a cueilli au fil de balades père-fille des secondes précieuses comme la neige presque fon- due. Il y a joint pour nous quelques mots, mais c’est surtout son regard posé sur les toutes petites choses qui raconte à cœur ouvert l’ébranlement collectif qui se prolonge toujours et nous marquera à jamais.


Ligne | Qu’est-ce qui vous a inspiré cette série de photos ?


Daniele Tomelleri | C’est une série très personnelle. J’avais envie de mettre en images cette période bizarre que nous vivions et qui nous a tous touchés. J’avais envie de la décrire, à ma façon : en photos. C’est une collection de clichés qui parlent de la vie de tous les jours et de la famille ; c’est une série très émotive.


L. | Vous faites de la photo depuis longtemps ?


D. T. | Je suis photographe professionnel depuis déjà 10 ans. Je fais aussi bien de la photo de studio – portraits, natures mortes, photographie culinaire – que des reportages photos industriels, commerciaux ou architecturaux. Je ne suis pas fait pour m’en tenir à un seul style ; ça m’ennuierait. J’ai besoin que les choses bougent créativement.


L. | Qu’est-ce qui vous inspire, en général ?


D. T. | Je suis un romantique ; ce sont les petites choses qui m’inspirent. Le petit mouvement des choses. Je trouve que ce sont souvent les détails qui font la différence.


L. | Des projets ?


D. T. | C’est une période de réinvention constante, dans tous les domaines. Depuis le début du confinement, je suis entré en contact avec des entreprises du milieu artistique qui voulaient se projeter en direct sur le web et les réseaux sociaux – spectacles, prestations, concerts, performances... Pour moi, c’était un domaine complètement nouveau, mais j’adore les défis. Avec une équipe, nous avons développé des plateformes de diffusion en direct offrant une qualité audio-vidéo exceptionnelle ! C’est un projet qui me tient à cœur parce qu’il me permet d’aider des artistes à faire vivre des expériences uniques à leur public.


Le temps qui manque.

C’est ce qui nous manque à tous : du temps.

Nous n’avons jamais le temps d’observer.

Nous allons tous trop vite. Nous regardons sans voir.

En mars dernier, nous avons enfin eu le temps :

« Confinement. »

Fin des contrats. Fin des sessions de studio.

Plus de photos. Plus de rendez-vous. Plus d’humains, plus personne.

Plus le droit, chacun pour soi.



Nous étions seuls.



Ou presque... Je passais mes journées avec ma fille.

Nous nous baladions dans le quartier.

Interdit de rester trop longtemps à l’extérieur de chez soi. On sortait une heure ; il faisait froid.

C’était le calme plat.

Comme si la vie avait pris fin.

Sans nous.



En balade, nous avions le loisir de regarder,

de déambuler, sans compter nos pas. Ma fille et moi avions enfin le privilège de regarder

ensemble.

Elle m’apprenait à toucher les racines des arbres. Nous reniflions les premières tulipes. Nous levions la tête pour fouiller des yeux le ciel bleu.




Jour après jour,

les petits détails du quotidien

qui nous auraient échappé normalement

nous apparaissaient très présents.

De petites choses qui font sourire.

Nous vivions des moments inédits.

Uniques, intenses, difficiles... Mais purs.



La neige fondait.



Nous entendions souvent parler

« des emplois et travailleurs essentiels ».

Ça me faisait me poser des questions.

Remettre en question mon métier, ma passion : la photographie.

C’est quoi, la photographie ?

Raconter avec des images.

Raconter sans mots.

Laisser parler les images.

Les laisser parler pour soi.

À quoi ça sert, la photographie ?

Ça sert à libérer ce qu’on garde à l’intérieur d’un seul...



«clic!»

DanieleTomelleri.com


Sur Vimeo @user31575379

Sur Instagram @daniele_tomelleri

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