IKEA PS 2026 : hymne à la joie quotidienne

Design
Décor
Texte
Dave Richard
Photos
IKEA
Un fauteuil rempli d’air, des lampes qui changent de forme selon les besoins, une chaise qui devient une composition murale et des vases soufflés à la main aux silhouettes presque humaines : avec IKEA PS 2026, IKEA présente la dixième édition de sa collection expérimentale. Cette série de 43 objets explore une idée simple : introduire davantage de mouvement, de liberté et de plaisir dans les gestes ordinaires.
Pendant plusieurs années, une grande partie du design domestique a poursuivi une même ambition : simplifier les formes, neutraliser les couleurs et rendre les objets toujours plus discrets dans les espaces qu’ils occupaient. L’efficacité est devenue une qualité recherchée, parfois au point où certains meubles semblaient vouloir s’effacer derrière leur fonction. Le design des meubles IKEA PS 2026 s’inspire de l’héritage scandinave cher à la marque, tout en cherchant à insuffler une dose de spontanéité dans notre relation quotidienne avec les objets.
Depuis sa création en 1995, IKEA PS agit comme un terrain d’expérimentation pour l’entreprise suédoise. C’est dans cette collection que certaines idées prennent forme avant de rejoindre, parfois, les gammes permanentes. Pour cette dixième édition, douze designers réunis sous la direction créative de Maria O’Brian ont travaillé autour d’un principe volontairement simple : produire davantage avec moins.
« Lorsque nous cherchons la simplicité, nous retirons souvent des éléments jusqu’à rendre un objet presque silencieux. Pourtant, IKEA PS doit demeurer un espace où l’on peut surprendre. Nous avons voulu comprendre comment réduire la quantité de matière tout en créant davantage d’idées, comment enlever certains éléments afin de rendre un objet encore plus captivant », explique Maria O’Brian.
Cette approche apparaît partout dans la collection. Les objets se transforment, se déplacent, se replient, se suspendent ou cachent certaines fonctions. Le jeu apparaît moins dans la forme que dans l’interaction. Une table révèle un tiroir secret accessible des deux côtés; une chaise invite plusieurs positions assises; une patère fait surgir ses crochets lorsqu’on l’utilise avant de retrouver sa silhouette épurée.
Parmi nos coups de cœur figurent les lampes imaginées par Lex Pott. Ses lampadaires modulables prennent naissance dans une intervention presque élémentaire : une coupe à quarante-cinq degrés appliquée à une forme cylindrique. Ce geste simple permet ensuite plusieurs configurations. L’objet passe d’un éclairage dirigé vers le haut à une lumière plus ciblée ou d’ambiance selon sa position. La pièce donne presque l’impression d’avoir été découpée spontanément, alors qu’elle résulte d’un travail précis de réduction et d’assemblage.
« Quand un objet repose uniquement sur le jeu, il devient un gadget. Lorsqu’il repose seulement sur la fonction, il perd une part de vitalité. Le moment intéressant survient lorsque ces deux dimensions se rencontrent », résume le designer.
Ses lampes portables prolongent cette même logique. Compactes et mobiles, elles accompagnent les déplacements dans la maison avec une lumière qui semble suivre le rythme de la vie quotidienne plutôt que de l’imposer.
Le fauteuil gonflable imaginé par Mikael Axelsson a également retenu notre attention. Son apparence évoque certains meubles gonflables des années 1990, mais son ambition suit une autre direction. Le designer s’est intéressé à une idée presque radicale : considérer l’air comme un matériau de conception.
« L’air constitue probablement le matériau le plus démocratique qui soit. Il est disponible partout, réduit la quantité de matière utilisée et permet d’expédier un fauteuil à plat », explique-t-il.
Après plus d’une vingtaine de prototypes, l’équipe est arrivée à une structure combinant chambres à air, armature métallique et housse textile. Le fauteuil se gonfle manuellement, au rythme de quelques chansons selon le designer lui-même. Une fois assemblé, sa silhouette tubulaire chromée et ses volumes généreux créent une présence qui oscille entre expérimentation industrielle et objet familier.
Les vases soufflés à la main de Maria Vinka ont également retenu notre regard. Leurs petites oreilles latérales leur donnent une présence presque expressive. Certains semblent observer silencieusement une pièce; d’autres paraissent écouter une conversation. Soufflées à la main par des artisans verriers, les formes colorées portent chacune de légères variations qui renforcent cette impression de personnalité propre.
Parmi nos autres favoris figure aussi la chaise pliante colorée d’Ellen Hallström. Suspendue au mur, elle abandonne momentanément son rôle de mobilier pour prendre l’allure d’une composition graphique aux accents presque cubistes. Le rangement roulant signé Lex Pott attire lui aussi l’attention par ses volumes empilés et sa mobilité discrète, tandis que l’horloge de Marta Krupińska introduit une présence plus joueuse dans un objet souvent réduit à sa seule fonction.
Depuis longtemps, le mobilier accompagne les habitudes quotidiennes avec discrétion. IKEA PS 2026 laisse apparaître autre chose : une volonté de créer des objets qui demeurent présents dans notre mémoire autant que dans nos espaces. Certains meubles traversent les années parce qu’ils remplissent efficacement leur rôle. D’autres persistent pour une raison plus difficile à mesurer : un détail, une forme ou un geste finit par s’attacher à nos souvenirs et transforme lentement un simple objet en présence familière.
www.IKEA.com/ca
Sur Instagram @ikeacanada