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27e édition du Festival international de jardins : le sensible comme territoire

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Événement

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Dave Richard

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Martin Bond
Dave Richard

Et si un jardin pouvait se lire comme une carte des émotions, des souvenirs et des sensations? Pour sa 27e édition, le Festival international de jardins invite les visiteurs à « cartographier le sensible » à travers cinq installations inédites et une programmation culturelle qui transforme les Jardins de Métis en un vaste territoire de création. Une proposition qui prend un relief particulier alors que le site célèbre cette année son centenaire.

Depuis plus de vingt-cinq ans, le Festival international de jardins explore les multiples façons dont l’architecture de paysage renouvelle notre rapport au vivant. Après avoir consacré son édition précédente à la notion de frontière, il poursuit cette réflexion avec « Cartographier le sensible », un thème qui déplace le regard de la représentation du territoire vers l’expérience vécue.

« Après Frontières, on voulait revenir à quelque chose de plus près de l’expérience du jardin, explique Alexander Reford, directeur du Festival international de jardins, rencontré lors de notre visite du site. Un jardin se découvre avec les yeux, bien sûr, mais aussi avec l’odorat, le toucher, les sons et la façon dont on s’y déplace. C’est cette expérience que les concepteurs étaient invités à explorer. »

Cette idée traverse les cinq projets retenus parmi les 204 propositions soumises par des équipes de 29 pays.

Avec Again, a Garden, Hugh Taylor imagine un jardin clos composé de troncs d’arbres empilés entre des plaques d’acier, où des espèces indigènes favorables aux pollinisateurs reprennent progressivement leurs droits. L’installation revêt toutefois une signification particulière aux Jardins de Métis : elle a été construite à partir d’arbres du domaine renversés lors de la violente tempête des 23 et 24 décembre 2022. Récupéré et préservé grâce à la mobilisation de bénévoles, ce bois retrouve aujourd’hui une nouvelle vie, donnant au titre Again, a Garden une portée encore plus évocatrice. Le jardin renaît littéralement de ce que le paysage avait perdu.

Avec Frame, Ulli Heckmann compose un dispositif sculptural qui cadre le paysage et multiplie les points de vue, invitant chacun à prendre conscience de sa propre perception de l’espace. Dans Mentho-artemision, Étienne Lapleau rapproche les univers de la menthe et de l’armoise afin de faire ressentir, par l’odorat, le toucher et la vue, les transitions entre différents écosystèmes. Avec Tainai-Meguri, Measured Architecture, Tamotsu Tongu et Kumpei Wakino imaginent une arche immersive où nature, eau et lumière donnent une matérialité à l’univers numérique dans une expérience méditative. Enfin, Worm’s Eye, d’Ellen Harris, inverse le point de vue habituel en proposant de découvrir le territoire depuis le sol, privilégiant une connaissance intime et locale du paysage.

Le thème se prolonge bien au-delà des installations. À l’occasion du centenaire des Jardins de Métis, le Festival a imaginé une programmation de médiation culturelle qui invite chacun à construire sa propre lecture sensible du lieu.

Les ateliers d’écriture déambulatoire animés par Noémie Pomerleau-Cloutier proposent de parcourir les sentiers avant de traduire cette expérience en mots. D’autres rendez-vous explorent le cyanotype, l’aquarelle d’observation, la création textile ou encore la performance in situ, autant de pratiques qui invitent à ralentir, à observer et à porter une attention renouvelée au paysage.

La littérature occupe également une place importante dans cette programmation. Lectures publiques et causeries réuniront notamment Stéphanie Pelletier, Annie Landreville, Marie-Hélène Voyer, Anick Arsenault et Laurence Veilleux. Toutes les artistes invitées vivent et créent au Bas-Saint-Laurent. Ce choix prolonge discrètement l’héritage d’Elsie Reford en donnant la parole à des créatrices dont le travail s’enracine dans le territoire même où les jardins ont pris forme.

L’été sera aussi marqué par la Semaine chantante du Conservatoire de musique de Rimouski, dont plusieurs activités investiront les jardins. La chorale déambulatoire, qui parcourra les allées du domaine et la Véranda conçue par l’Atelier Pierre Thibault, promet d’ajouter une dimension sonore à cette découverte du paysage.

Les cinq jardins présentés cette année ne cherchent pas seulement à être contemplés. Prolongées par une programmation où l’écriture, les arts visuels, la musique et la performance deviennent autant de façons d’habiter le lieu, les installations invitent chacun à construire sa propre lecture du paysage. Ici, cartographier le sensible consiste moins à tracer une carte qu’à tisser, pas à pas, une relation avec un territoire.

27e édition du Festival international de jardins
Jusqu’au 4 octobre 2026

Jardins de métis
200, route 132
Grand-Métis, Qc
G0J 1Z0
T. 1 418 775-2222

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