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1ère édition de Mtl Olfaction : sentir pour ressentir

Identité visuelle de Mtl Olfaction 2026 sur un fond abstrait orange et vert
Pour sa première édition, Mtl Olfaction rassemble différentes pratiques liées à l’odorat et à la création, du parfum aux expériences immersives.

Design

Événement

Texte
Dave Richard

Images
Andrew Petrischev
Mathilde Langevin
Raed Moussa
Paris Bilal

Du 28 au 30 août 2026, la première édition de Mtl Olfaction réunira parfumeurs, créateurs, chercheurs et curieux autour de l’odorat et des multiples pratiques qui s’y rattachent. Fondé par Raed Moussa, l’événement explore la place que celui-ci peut occuper dans la création, du parfum à la dégustation en passant par la scénographie et les expériences immersives. Sa programmation révèle surtout la diversité d’une culture olfactive déjà bien présente à Montréal et au Québec.

Une odeur peut évoquer quelque chose avant même que nous l’ayons identifiée. Elle accompagne un goût, transforme la perception d’un espace ou ramène brusquement un souvenir. Si l’image occupe une place dominante dans les disciplines créatives, l’odorat permet d’aborder autrement notre rapport aux objets, aux espaces et aux expériences. C’est cette dimension que Raed Moussa souhaite explorer avec Mtl Olfaction.

Mtl Olfaction place l’odorat au centre de trois jours de découvertes consacrés aux différentes manières de sentir, de reconnaître et de comprendre les odeurs.

Producteur immersif chez Dpt., chargé de cours en design d’interaction à l’UQAM et créateur derrière Les Parfums R/, Moussa s’intéresse depuis une dizaine d’années à la parfumerie. Sa pratique de la parfumerie s’est développée au fil de formations spécialisées, de recherches personnelles et d’un mentorat auprès de la parfumeuse Isabelle Michaud, mais aussi grâce aux liens tissés avec des créateurs, des collectionneurs et des passionnés. Ces liens lui ont progressivement fait découvrir l’étendue d'une communauté olfactive bien présente, mais dont les membres avaient peu d’occasions de se retrouver.

« Au fil des années, j’ai rencontré beaucoup de gens qui travaillent autour du parfum : des créateurs, des collectionneurs, des personnes qui organisent des ateliers ou qui racontent son histoire. J’avais envie de rassembler tout ce monde sous un même toit. Je souhaitais créer un espace où l’on puisse se retrouver, échanger et découvrir ce qui se fait ici, au-delà d’une logique strictement commerciale », raconte Raed Moussa.

Raed Moussa, fondateur de Mtl Olfaction, souhaite réunir une communauté olfactive déjà bien présente à Montréal et faire connaître la diversité de ses pratiques.

Cette volonté a progressivement pris la forme d’un événement de trois jours, présenté principalement à l’École supérieure de la mode de l’UQAM et prolongé dans plusieurs lieux. Conférences, ateliers, dégustations et expériences abordent autant les matières premières que la création parfumée, le patrimoine, la mode ou la scénographie.

La programmation permet surtout de comprendre comment se construit une odeur. Nez à nez, un atelier gratuit d’exploration olfactive de 30 minutes, animé par Moussa, propose de sentir cinq molécules de synthèse couramment employées en parfumerie. Pour un public moins familier avec la discipline, l’exercice rend concrète une distinction essentielle : un parfum est généralement une composition complexe qui associe différentes molécules odorantes, issues de matières naturelles ou produites par synthèse. Moussa souhaite notamment nuancer les idées reçues qui entourent ces dernières et permettre de les sentir directement.

« Je veux que les gens puissent se sentir à l’aise, discuter et comprendre un peu mieux ce qu’il y a dans leur parfum. J’ai moi-même commencé par la parfumerie naturelle avant d’apprendre à travailler avec les matières de synthèse. L’idée de Nez à nez m’est venue de l’envie de faire découvrir ces matières directement aux gens, de les leur faire sentir et de montrer qu’elles font elles aussi partie du vocabulaire de la parfumerie », explique Moussa.

Avec Nez à nez, Raed Moussa invite les participants à sentir directement cinq molécules de synthèse et à mieux comprendre la place qu’elles occupent dans la composition d’un parfum.

D’autres activités déplacent l’olfaction vers des territoires moins attendus. Le potager moléculaire, de Miskeo Parfums, relie les odeurs du jardin aux molécules utilisées en parfumerie. The Shape of Scent, animé par chimie et Léa Hiram, explore les associations spontanées que nous établissons entre une odeur et une forme. Des dégustations de café et de thé mettent quant à elles en évidence le rôle déterminant de l’odorat dans ce que nous appelons communément le goût.

Pour Raed Moussa, la création olfactive constitue un champ d’exploration qui dépasse le parfum porté et peut rejoindre la scénographie, l’art et le design immersif.

Pour Moussa, ces rapprochements prolongent son travail en design immersif. Il a notamment créé deux ambiances olfactives pour Bottommost, une pièce d’Émile Pineault présentée au Festival TransAmériques. Sa prochaine maîtrise portera d’ailleurs sur l’olfaction comme outil d’orientation dans les expériences immersives. Une odeur peut alors devenir une composante de l’espace : elle guide, crée une atmosphère et participe au récit avec l’image, le son ou le mouvement.

« La création olfactive va beaucoup plus loin que le parfum que l’on porte. Pour Bottommost, j’ai créé deux ambiances olfactives qui participaient à la scénographie. C’est aussi ce que j’aimerais faire découvrir avec Mtl Olfaction : toutes les façons dont l’odorat peut intervenir dans une expérience. À terme, j’aimerais que l’événement devienne encore plus expérientiel et qu’il fasse davantage de place à l’art », projette Raed Moussa.

À travers sa programmation, Mtl Olfaction rapproche la création parfumée d’autres formes d’expérimentation sensorielle.
Sentir un parfum permet aussi d’en découvrir la composition : derrière une odeur se rencontrent différentes matières dont l’assemblage façonne la perception.

Cette ouverture rejoint également une réflexion sur le territoire. Les panels Montréal, cité olfactive et Patrimoine olfactif québécois réuniront plusieurs voix pour examiner les créateurs, les matières et les savoir-faire qui composent cette culture locale. À l’ESM, une exposition permettra parallèlement de sentir des parfums et des créations expérimentales provenant de différents participants. Moussa résume l’intention par une expression particulièrement évocatrice : découvrir « notre terroir parfumé ».

L’École supérieure de la mode de l’UQAM accueillera une grande partie de la première édition de Mtl Olfaction, du 28 au 30 août 2026.

Sentir constitue pourtant une partie seulement de l’expérience. Encore faut-il apprendre à distinguer une odeur, à la reconnaître et à trouver les mots pour la décrire. En réunissant des personnes qui possèdent ce savoir et un public qui souhaite l’acquérir, Mtl Olfaction contribue peut-être aussi à enrichir un vocabulaire sensoriel que nous exerçons rarement. Une manière, progressivement, d’apprendre à prêter attention à ce qui était déjà dans l’air.

Du 28 au 30 août 2026, Mtl Olfaction réunira à Montréal créateurs, chercheurs, professionnels et curieux autour de la culture olfactive.

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