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Foire Parallèle 2026 : jamais assez d'art

Grande sculpture bleue aux formes entrelacées présentée à Foire Parallèle 2026 devant des œuvres d’art contemporain et des visiteurs.
Entre peinture, sculpture et installation, Foire Parallèle mise sur la coexistence des pratiques et la proximité avec les artistes.

Art

Événement

Texte et photos
Dave Richard

Pendant trois jours, du 15 au 17 mai 2026, Foire Parallèle a réuni 45 artistes québécois dans une foire d’art contemporain indépendante construite autour des échanges directs entre créateurs, visiteurs et collectionneurs. L’intérêt généré par cette deuxième édition a d’ailleurs mené à l’annonce d’un week-end supplémentaire, qui se déroule du 21 au 24 mai 2026, prolongeant l’expérience au-delà de sa durée initiale. Au-delà des œuvres présentées, l’événement a surtout mis en lumière une volonté de multiplier les occasions de rencontre et d’élargir les formes de diffusion au sein du paysage artistique montréalais.

Le nombre de lieux où l’on découvre l’art contemporain continue de se diversifier, mais tous ne remplissent pas la même fonction. Certains présentent des œuvres, d’autres les contextualisent, d’autres encore créent des espaces où la rencontre devient presque aussi importante que ce qui est exposé. Cette fin de semaine à Montréal, Parallèle proposait une expérience qui semblait s’appuyer sur cette idée : faire de la proximité une manière de regarder l’art autrement.

Les œuvres présentées naviguent entre espaces intimes et paysages imaginaires, révélant la diversité des approches réunies par la foire.

L’édition 2026 réunissait 45 artistes locaux dans un environnement conçu pour favoriser les échanges directs. Ici, la visite ne reposait pas uniquement sur une succession de kiosques ou sur un parcours défini à l’avance. Les visiteurs circulaient librement entre les œuvres, tandis que les artistes, présents tout au long de l’événement, partageaient leur démarche, l’origine d’une série ou les questions qui traversent leur pratique. Une conversation pouvait commencer devant une œuvre et se prolonger quelques minutes plus tard autour d’un autre projet, créant une expérience moins figée et plus spontanée.

Pensée autour des échanges directs, la foire encourage une expérience plus lente et attentive des œuvres.
Au-delà des œuvres exposées, la rencontre demeure l’un des moteurs centraux de Foire Parallèle.
Matériaux, textures et objets détournés participent à l’élargissement des formes présentées dans cette édition.

Cette proximité répond aussi à une réalité plus large. Depuis plusieurs années déjà, les formats de diffusion se multiplient dans le milieu artistique. Aux galeries, centres d’artistes, institutions et foires établies s’ajoutent différentes initiatives qui cherchent à offrir d’autres points de contact entre les créateurs et les publics. L’enjeu n’est pas de remplacer les structures existantes, mais d’enrichir un écosystème déjà dense par de nouvelles formes de circulation et de découverte.

Les parcours de visite favorisent les découvertes inattendues et les rapprochements entre pratiques distinctes.
Entre imaginaire, récit et figuration contemporaine, plusieurs œuvres explorent de nouvelles manières d’habiter l’image.
La foire réunit des pratiques aux langages variés, sans hiérarchie entre artistes émergents et démarches établies.
Certaines œuvres puisent dans le paysage urbain et les objets du quotidien pour construire de nouveaux récits.
Des scènes ordinaires deviennent ici des sujets de contemplation, rappelant l’étendue des univers présents à Foire Parallèle.

Les quatre conférences et discussions intégrées à la programmation poursuivaient cette même logique. À travers des échanges portant autant sur les trajectoires indépendantes (Créer hors système : les artistes qui tracent leur propre chemin), les dynamiques économiques entourant la création (L’art comme économie : galeries, marques et réalités du marché), le rôle des communautés artistiques locales (Faire culture à Montréal) que sur des conversations plus spontanées entre praticiens (Juste des peintres qui jasent), l’œuvre devenait non seulement un objet à regarder, mais aussi un point de départ pour réfléchir aux pratiques contemporaines et aux réalités qui les entourent. L’attention se déplaçait alors de la seule présentation des pièces vers les idées, les récits et les échanges qu’elles rendent possibles.

Pendant quelques jours, Parallèle a ralenti le rythme habituel de la visite culturelle. Certaines œuvres attirent le regard; d’autres ouvrent une conversation. Ce sont parfois ces rencontres imprévues, discrètes et prolongées qui continuent d’habiter la mémoire bien après avoir quitté l’espace où elles ont eu lieu.

À travers certaines propositions, la réduction des formes et des couleurs devient une manière d’attirer l’attention sur l’espace, la perception et le regard.
Entre présence humaine et mise en scène presque théâtrale, certaines œuvres de Foire Parallèle brouillent les frontières entre sculpture, récit et imaginaire.
La proximité entre visiteurs, artistes et œuvres fait partie intégrante de l’expérience imaginée par Foire Parallèle.
La diversité des médiums présentés contribue à faire émerger des dialogues inattendus entre les pratiques contemporaines.

Foire Parallèle
Du 15 au 17 mai, et du 21 au 24 mai 2026

Dans l’historique immeuble de l’ancien Holt Renfrew
(1300, rue Sherbrooke Ouest, Montréal, Qc, H3G 1H9)

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