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Festival international de jardins 2027 : cultiver d’autres géographies

Vue aérienne de Back / Ground de Patrick Bérubé au Festival international de jardins.
Back / Ground de Patrick Bérubé, présenté au Festival international de jardins. L’œuvre fait partie des projets qui ont précédé la thématique 2027, consacrée à d’autres manières de lire et de représenter le territoire.

Architecture

Appels à participation

Texte
Dave Richard

Photos
Martin Bond
JC Lemay
Christophe Roberge

Depuis 2000, le Festival international de jardins invite architectes paysagistes, architectes et artistes à expérimenter à l’échelle du jardin. Pour sa 28e édition, qui débutera le 19 juin 2027 aux Jardins de Métis, il lance un nouvel appel à projets international sous le thème Rendre visible(s) : Géographies alternatives. Quatre ou cinq propositions seront choisies pour prendre place à Grand-Métis.

La thématique conclut un cycle de trois ans imaginé par la directrice artistique Ève De Garie-Lamanque autour du rapport à l’espace. En 2025, Frontières s’intéressait à la manière dont celui-ci est représenté, organisé et partagé. En 2026, Cartographier le sensible explorait plutôt les dimensions affectives et immatérielles des lieux. Pour 2027, le Festival porte son attention vers ce qui échappe aux représentations habituelles et vers les points de vue qu’elles laissent parfois en marge.

Ève De Garie-Lamanque, directrice artistique du Festival international de jardins, a imaginé le cycle de trois ans consacré à notre rapport à l’espace et au territoire, qui se conclura en 2027 avec Rendre visible(s) : Géographies alternatives.

Parmi les pistes proposées aux concepteurs figure la contre-cartographie. Apparue dans les années 1990, cette approche consiste à produire des cartes à partir de perspectives différentes de celles qui dominent habituellement la représentation d’un territoire. Une carte peut ainsi montrer des réalités sociales, culturelles ou environnementales qui apparaissent peu dans les représentations officielles. Le Festival invite les concepteurs à transposer cette idée dans l’espace, sous la forme d’un jardin que l’on pourra parcourir et expérimenter.

Pour Alexander Reford, cofondateur et directeur général du Festival, le jardin expérimental permet précisément de mettre ces idées à l’épreuve du réel. Il invite les artistes à « transformer leurs idées en un jardin expérimental » et à revisiter les notions de paysage et de territoire. Il rappelle aussi la particularité du lieu, où architecture de paysage, art et design prennent forme à échelle réelle, sur un site marqué à la fois par près d’un siècle d’histoire horticole et par la présence du Saint-Laurent.

Ici et ailleurs de José Luis Torres, au Festival international de jardins. Vue du ciel, l’installation montre comment formes, couleurs et implantation peuvent composer une lecture du lieu à l’échelle du paysage.
Superstrata de mat-on transpose dans l’espace la tension entre les systèmes par lesquels l’humain ordonne le territoire et la complexité du monde naturel. Une réflexion qui fait écho aux questions de cartographie soulevées par le thème 2027.
Avec You Shall (Not) Pass, Simon Barrette matérialise une frontière à l’aide de milliers de repères d’arpentage, ces marqueurs servant à délimiter les propriétés. Le projet donne une forme physique aux limites qui découpent et cartographient un territoire.

L’appel s’adresse aux architectes paysagistes, architectes, artistes visuels et équipes multidisciplinaires du Canada et de l’étranger. Chaque équipe peut déposer une proposition. Les jardins devront pouvoir demeurer en place pendant au moins deux étés, et leur conception devra prévoir la revalorisation, le réemploi ou le recyclage des matériaux à la fin de leur présentation. Les projets retenus profiteront d’un accompagnement artistique et technique ainsi que d’un budget de réalisation. Leur sélection sera dévoilée en février 2027.

Cette durée de deux étés ajoute une dimension concrète au thème de 2027. Les jardins devront traverser les saisons, évoluer avec les végétaux et les matériaux, puis être pensés jusque dans leur démontage. La réflexion proposée par le Festival se poursuit ainsi au-delà de leur présence à Grand-Métis, dans ce que deviendront leurs composantes une fois l’installation terminée.

Les propositions doivent être déposées au plus tard le 27 octobre 2026 à 17 h. Les modalités complètes sont accessibles sur la plateforme de l’appel à projets du Festival international de jardins.

Le Festival international de jardins prend place à Grand-Métis, sur un site voisin des jardins historiques et bordé par le Saint-Laurent. En 2027, quatre ou cinq nouveaux jardins y exploreront le thème Rendre visible(s) : Géographies alternatives.