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Comme un trait d’union : l’Espace Péribonka, par Maîtres d’Oeuvre Architectes

Façade de l’Espace Péribonka conçu par Maîtres d’œuvre Architectes au Québec
L’Espace Péribonka s’inscrit dans le tissu villageois, dialoguant avec l’église voisine et le paysage agricole.

architecture

Architecture institutionnelle

Texte
Dave Richard

Photos
Stéphane Groleau

Localisation | Péribonka, Qc
Type de projet | Transformation
Budget approximatif | $$
Réalisation | 2023
Conception | 12 mois
Travaux | 24 mois
Superficie | 12 900 pi2 / 1200 m2

Fondé en 1888 sur les rives du lac Saint-Jean, le village de Péribonka compte environ 500 habitants, mais son importance historique et culturelle en tant qu’établissement colonial s’étend bien au-delà de sa petite taille. Pour concevoir Espace Péribonka, un lieu communautaire et touristique incorporant un complexe multifonctionnel, une nouvelle caserne de pompiers et son Musée Louis-Hémon, la municipalité a choisi la firme Maîtres d’Œuvre Architectes (MDO).

La base en pierre ancre le projet dans le territoire, affirmant sa matérialité et sa présence publique.
Depuis les airs, le bâtiment apparaît comme un trait d’union entre village, route et paysage ouvert.
L’entrée vitrée invite à une continuité fluide entre espace public et intérieur culturel.
Le volume surélevé crée un passage protégé, articulant circulation et rencontre.
Le parement clair du volume supérieur contraste avec la pierre, affirmant la dualité du projet.
La terrasse surplombe le site et prolonge l’expérience architecturale vers l’extérieur.
Le bâtiment repose partiellement sur pilotis, libérant le sol et créant un espace intermédiaire.

En plus d’inclure la construction d’autres bâtiments, le projet exigeait de préserver et restaurer des bâtiments existants, dont l’église Saint-Édouard et la Maison Samuel-Bédard, une demeure historique et patrimoniale construite en 1903, symbole des premiers établissements coloniaux de la région.

Le pignon vitré reprend la géométrie vernaculaire tout en affirmant une écriture contemporaine.
Les éléments verticaux rythment la façade et filtrent la lumière naturelle.

Jugé désuet en début de projet, l’ancien hôtel de ville a été remplacé par un édifice neuf, lumineux, animé et suffisamment spacieux pour accueillir la bibliothèque municipale, ainsi qu’une variété d’organismes et de fonctions communautaires. Une nouvelle caserne de pompiers a également été érigée en bordure du site principal. L’église existante a quant à elle été désignée siège du tout nouveau Musée Louis-Hémon. Finalement, la Maison Samuel-Bédard, originellement située à environ 6 kilomètres du site, a été relocalisée dans la cour intérieure protectrice du complexe — un tour de force et une première au Québec, étant donné son statut patrimonial au sein du ministère de la culture et des communications.

Pour connecter tous ces éléments de la façon la plus fluide possible, les architectes ont imaginé un volume cohésif tout en transparence, comme un trait d’union, bordé de murs-rideaux donnant sur le panorama à l’avant et sur la Maison Samuel-Bédard à l’arrière, puisque c’est justement ce nouveau volume qui crée la cour intérieure. Celui-ci sert également de barrière contre le bruit causé par la route régionale qui longe la façade du bâtiment et les vents dominants provenant de l’embouchure de la rivière et du Lac Saint-Jean.

Un passage lumineux qui relie les espaces tout en cadrant le paysage.
Les croisillons structuraux rythment la promenade intérieure.
Le projet assume la continuité avec le bâti existant.
La transparence favorise les échanges et la circulation visuelle.
Contraste assumé entre matérialité brute et lignes contemporaines.
Un geste graphique fort au cœur du bâtiment.
Un espace de pause en lien direct avec le paysage.

S’intégrant à l’architecture régionaliste, les proportions, les formes et les pentes de toit du nouvel édifice municipal font écho à celles de l’église Saint-Édouard, construite en 1948. MDO a incorporé le granite noir de Péribonka comme basilaire. À l’étage, où loge la bibliothèque, on se sent projeté vers l’horizon à travers un gigantesque mur-rideau. Des pare-soleil de toile tendue permettent de contrer l’intensité de la lumière directe, sans bloquer les perspectives époustouflantes sur la rivière Péribonka. Le reflet du ciel sur le mur-rideau complète avec légèreté la base en pierre naturelle du volume moderne, créant un équilibre architectural intégré au sein du patrimoine bâti.

La lumière naturelle structure l’expérience intérieure.
Un espace polyvalent dédié à la consultation et au travail.
Le programme culturel s’organise autour d’un accueil lumineux et structuré.
La charpente sombre structure l’espace intérieur et cadre le paysage du lac au-delà des grandes ouvertures.
Une terrasse suspendue prolonge l’expérience intérieure vers l’horizon du lac.
Le volume contemporain s’appuie sur un socle minéral et dialogue avec l’échelle villageoise.

En plus d’être en harmonie et fonctionnel, Espace Péribonka se situe désormais au cœur de la vie sociale et culturelle de la communauté. La municipalité espère y attirer 30 000 visiteurs annuellement, incluant des excursionnistes régionaux et des visiteurs internationaux attirés par ses attraits historiques et culturels.

« Le concept que nous avons développé était puissant, mais si nous avons réussi à le concrétiser, c’est grâce au soutien inconditionnel que nous avons reçu de la communauté », note Carl Hovington, architecte chez MDO et chargé du projet.

Le projet s’insère entre patrimoine religieux et tissu résidentiel.
La transparence affirme la vocation publique du lieu.
Une articulation délicate relie architecture contemporaine et bâtiment ancien.
Le projet assume un face-à-face respectueux avec le patrimoine.
Les lettres monumentales deviennent signal et filtre.
Un espace tampon où ancien et nouveau se répondent.
La composition volumétrique révèle le principe du “trait d’union”.
À la tombée du jour, le volume contemporain dialogue avec l’église voisine, affirmant un lien respectueux entre patrimoine et architecture actuelle.
Le lettrage intégré à la verrière transforme la façade en signal urbain et en interface lumineuse.

Pare-soleil en toile tendue | Sollertia
Ingénierie | Unigec
Architecture de paysage | Stantec

Le croquis initial illustre l’intention première : inscrire le nouveau bâtiment dans la continuité du site existant.
Depuis l’eau, le projet apparaît comme un trait d’union entre village, rive et horizon.

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