top of page

PORTFOLIO | GUILLAUME BOUGIE RIOPEL

COLLE-TOI À MOI

LIGNE 06 | CULTURE | ÉTÉ 2022

Texte | Dave Richard

Collages | Guillaume Bougie Riopel

Photo | Janie Dominique [portrait]

 
 

Diplômé de l’UQAM en communication, Guillaume Bougie Riopel fait des collages qui parlent, justement. Par-delà leur forme vibrante, colorée et graphique, dans le fond, ses œuvres sont tendres, intelligentes et imparfaitement humaines. Elles parlent de nos obsessions modernes, parfois fort, parfois avec douceur, offrent souvent un point de vue critique, usant savamment d’humour, d’ironie et d’autodérision.

Amalgamant des fragments d’images tirés majoritairement de magazines des années 1950 et 1960, il nous fait voir le monde d’aujourd’hui à travers le prisme d’une autre époque, et ce recul charge ce qu’il nous montre d’un sens nouveau. On sent l’artiste sensible à la poésie du quotidien, fasciné par le kitsch et généreusement sincère.


Pour celui qui travaille dans le milieu des arts de la scène, c’est presque par inadvertance que sa passion pour le collage a pris un virage plus sérieux, puis de la vitesse. Avouant candidement avoir souffert d’un syndrome de l’imposteur en voyant circuler ses premières œuvres, Bougie Riopel réalise aujourd’hui que les gens voient ses collages, que ceux-ci plaisent, ce qui lui permet de continuer d’avancer et de créer.

 


Ligne | Pourquoi le collage ? Des influences ?


Guillaume Bougie Riopel | J’ai toujours aimé découper dans les magazines, tous ceux qui me tombaient sous la main, mais j’ai commencé à travailler sérieusement le collage durant un stage au Festival ZH, où l’équipe m’a fait suffisamment confiance pour m’inviter à signer deux premières affiches. Ensuite, en 2021, j’ai exposé au café Hélico et à l’Usine C. Je souhaite d’ailleurs renouveler l’expérience prochainement. Grâce à Instagram, je découvre une incroyable foule d’artistes qui font du collage, et mon amour pour ce médium se décuple dès que je tombe sur leurs créations : @six.volcans, @ohciseaux, @lindsay_boss.



L. | Qu’est-ce qui vous inspire ?


G. B. R. | L’idée de créer de petits univers m’inspire énormément. Je m’intéresse à l’architecture, au design, à l’histoire... Petit, je voulais devenir architecte, mais maintenant, je sais qu’au fond je rêvais seulement de construire des maquettes. (Rires) Le collage me permet de rassembler toutes mes inspirations dans un univers graphique et esthétique qui me ressemble.

L. | Où trouvez-vous votre matière première ?


G. B. R. | J’accumule depuis très (trop) longtemps des magazines, des brochures, des archives familiales... Je suis plutôt collectionneur. Mes armoires débordent de trouvailles que j’ai dénichées dans les brocantes. Je reçois aussi de précieux dons de mes proches ; je pense en particulier à mon cousin Lambert, qui m’a cédé sa collection de vieux Playboys... Merci, Lambert !



L. | Y a-t-il des thèmes qui sont récurrents dans votre travail ?


G. B. R. | J’aime explorer les contrastes. L’une de mes créations que j’affectionne particulièrement est titrée bouquet brutaliste : une vieille photographie d’Habitat 67 mariée à la douceur d’un bouquet de fleurs. Ce collage est l’incarnation parfaite de mon amour des oppositions.

L. | Des projets ?


G. B. R. | Je collabore actuellement avec plusieurs artistes, dont la musicienne Sarah Villeneuve, qui fera paraître un EP cette année ; j’ai le privilège d’en créer le visuel. J’ai d’ailleurs hâte de pouvoir partager le résultat — ainsi que sa musique, puisque j’ai écouté ses chansons en boucle lors de la création !