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JEAN-LOUP PATRIARCHE | PATRIARCHE CANADA

Dernière mise à jour : 22 mai 2022

UNE ARCHITECTURE HONNÊTE

ARCHITECTURE | RENCONTRE | ÉTÉ 2020

Images | Patriarche Canada

Texte | Mathieu Jacques Bourgault + Dave Richard

 
 

C’est par une belle soirée de mars pré-confinement que Ligne a eu la chance de s’entretenir avec Jean-Loup Patriarche, lors de l’inauguration des nouveaux bureaux de sa firme d’architecture à Montréal.


« Le geste architectural n’est pas le plus important. Ce qui est important, c’est la qualité de vie qu’on offre aux utilisateurs de l’espace. »

C’est à la suite de la fusion avec un cabinet de Québec à l’automne dernier que l’entreprise, déjà implantée à Paris, à Lyon, à Bordeaux, à Chambéry et à Bâle, a décidé de s’établir dans la métropole québécoise. L’antenne de Patriarche, qui est l’une des premières firmes d’architecture française à s’installer au Canada, s’y exercera à offrir et à favoriser un mode de conception collaboratif grâce à la multitude des métiers et des savoirs intégrés à son équipe. Un espace de co-working baptisé Walter est également disponible au sein de ses bureaux pour toute clientèle désirant développer une synergie avec d’autres professionnels de tous les horizons.


Ligne | Qu’est-ce qui a motivé votre décision d’établir des bureaux à Québec et à Montréal ? Qu’est-ce qui vous a attiré ici ?


Jean-Loup Patriarche | Pour moi, le Québec en général – Montréal en particulier – est un morceau d’Amérique amical. Les gens ici sont faciles d’accès. Ce sont des personnes avec lesquelles je m’entends bien. Mon premier contact avec le Québec a été lors d’un voyage en Gaspésie en 1992. Tous étaient bien surpris de me voir voyager avec mes quatre enfants. Plus tard, ma fille a étudié à HEC ; c’est à ce moment que j’ai pris un appartement sur le Plateau-Mont-Royal. De fil en aiguille, mes séjours québécois sont devenus plus fréquents et des firmes françaises pour lesquelles j’avais travaillé m’ont mandaté afin de construire des laboratoires au Québec. Ces mêmes villes où nous avons mené des projets ont apprécié notre vision et la façon dont on dirigeait nos opérations ; elles m’ont ensuite approché pour d’autres projets, entre autres d’urbanisme.



L. | Votre arrivée au Québec s’est donc faite très progressivement ?


J-L. P. | Oui, tout à fait, de manière très naturelle. Par contre, vu toute la gestion de l’entreprise et celle de nos projets ailleurs dans le monde, en particulier en Afrique, c’était très difficile pour moi de m’impliquer davantage dans le développement de nos affaires au Québec. Maintenant que mon fils s’est joint à l’équipe et s’occupe de tout ce qui est transversal, de l’aspect financier, je peux me consacrer entièrement à l’architecture et au développement de notre firme sur le marché nord-américain. Pour une entreprise de notre taille, il n’était pas logique de concentrer nos activités seulement en France. Bien entendu, on sentait que la conjoncture était favorable. Le dynamisme et l’approche moderne de Montréal dans plusieurs domaines, que ce soit dans le cinéma, le design, ou plus personnellement mon amour de l’avion ont encouragé mon choix. Ma rencontre avec Luc Bélanger de chez Parka à Québec a notamment été décisive. Notre fusion a permis d’emmener Patriarche au Québec. Monsieur Bélanger est d’ailleurs directeur des bureaux de Montréal et Québec, qui représentent une seule entité.



L. | Qui a été votre plus grande source d’inspiration ? Y a-t-il un mentor envers qui vous êtes particulièrement reconnaissant ?


J-L. P. | Comme beaucoup d’architectes, j’ai été très inspiré par Frank Lloyd Wright, avec ses maisons aux lignes tendues et son souci de les intégrer à leur environnement, à la nature. Sinon, mes sources d’inspiration sont très variées ; toute forme de beauté est inspirante, toujours. J’ai acquis aussi beaucoup d’humilité à force de travailler en Afrique. Là-bas, il est clair que le geste architectural n’est pas le plus important. Ce qui est important, c’est la qualité de vie qu’on offre aux utilisateurs de l’espace. La lumière, la couleur, la sonorité, l’ambiance, la dimension d’un lieu doivent toujours être au service de ses occupants.


L. | Que voyez-vous dans le futur pour l’architecture ? Quelle tendance risque de se dessiner, ici et ailleurs ?


J-L. P. | Le développement durable deviendra crucial. On ne parle même plus d’une tendance; la durabilité doit s’inscrire dans tous les projets. Pour nous, cette dimension a toujours fait partie de notre ADN. Ce qui se profile à l’horizon, c’est l’enjeu de la gestion des matériaux. Il faudra trouver des substituts à certains matériaux tels que le béton, devoir apprendre à les recycler et à les réutiliser. Il faudra également trouver d’autres sources d’énergie, plus respectueuses de l’environnement et de la gestion des ressources.



L. | Diriez-vous que les Québécois et les Européens ont un rapport différent à l’archi-tecture et à l’espace ?


J-L. P. | Je trouve qu’il y a de très beaux lieux ici, où l’on sent vraiment l’effort dans l’aménagement de l’espace. Par contre, cette intention ne se reflète pas toujours de la même façon à l’extérieur... Alors qu’on découvre parfois au tournant d’une rue une pépite architecturale et que le milieu regorge d’architectes talentueux, les immeubles modernes d’ici sont souvent très carrés. On sent que leur conception a été dictée par le profit ; le résultat est nécessairement peu inspiré. Peut-être parce que la mesure du plus bas soumissionnaire prévaut dans la construction. Je crois que cette manière de faire peut nuire à élever le niveau d’esthétisme des bâtiments et à l’harmonisation de la trame urbaine.


L. | Y a-t-il un édifice où un endroit au Québec que vous affectionnez particulièrement ? Un type de bâtiment qui illustre bien la manière Patriarche de penser l’architecture ?


J-L. P. | Hier, j’étais dans une cabane à sucre. Là, il y a tout ce qu’il faut. Tout d’abord, la cabane s’intègre très bien à l’environnement. À l